L'écart de primes et de rémunération variable : quoi inclure et comment le calculer
Par l'équipe Equaudit · Mis à jour le · 4 min de lecture
Le salaire de base ne représente qu'une partie de la rémunération. Les primes, commissions, indemnités et autres composantes variables profitent souvent aux mieux payés et peuvent creuser un écart qui paraît faible sur le seul salaire de base. La directive européenne sur la transparence des rémunérations demande aux employeurs de les déclarer séparément : il vous faut donc une méthode claire avant de transmettre vos données.
Ce que demande la directive
Parmi les indicateurs que les employeurs doivent communiquer figurent l'écart de rémunération entre les femmes et les hommes et l'écart de rémunération médian entre les femmes et les hommes au niveau des composantes complémentaires ou variables, ainsi que la proportion de travailleuses et de travailleurs bénéficiant de composantes complémentaires ou variables. Au sens de la directive, la rémunération comprend le salaire ou traitement ordinaire de base et tous les autres avantages, payés directement ou indirectement, en espèces ou en nature, par l'employeur au travailleur.
Les composantes variables courantes sont les primes annuelles, les commissions sur ventes, l'intéressement, la rémunération à la performance, les primes de poste ou d'astreinte lorsqu'elles ne font pas partie du salaire de base, et les avantages en nature que votre droit national considère comme de la rémunération. Vos codes de paie indiquent généralement quelles lignes sont variables : associez-les une fois pour toutes et conservez cette correspondance documentée.
Deux méthodes de calcul, et pourquoi cela compte
Le texte laisse une marge d'interprétation sur la population retenue pour l'écart de rémunération variable. Deux conventions sont utilisées, et elles donnent des résultats différents :
- Bénéficiaires uniquement. Comparez la prime moyenne des femmes qui en ont perçu une à celle des hommes qui en ont perçu une. C'est l'approche de certains dispositifs nationaux, et elle isole le montant des primes.
- Ensemble des salariés. Incluez tout le monde et comptez pour zéro les personnes qui n'ont rien perçu. Cette méthode reflète à la fois le montant des primes et la répartition entre bénéficiaires.
Les États membres étant libres de préciser les modalités, vérifiez votre droit national et, s'il est muet, soyez prêt à expliquer la convention retenue. Equaudit présente les deux résultats afin que vous puissiez mesurer la différence.
Un exemple chiffré
Quatre femmes et quatre hommes. Les primes annuelles sont converties en équivalent horaire (prime annuelle divisée par les heures rémunérées), en euros par heure.
| Rémunération variable par heure | Bénéficiaires | Moyenne (bénéficiaires) | Médiane (bénéficiaires) | Moyenne (ensemble) | Médiane (ensemble) | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Femmes | 0 ; 0 ; 1,00 ; 1,40 | 2 sur 4 (50 %) | 1,20 | 1,20 | 0,60 | 0,50 |
| Hommes | 0 ; 1,50 ; 2,00 ; 2,50 | 3 sur 4 (75 %) | 2,00 | 2,00 | 1,50 | 1,75 |
Avec la formule (hommes − femmes) ÷ hommes × 100, l'écart moyen calculé sur les bénéficiaires seuls est de (2,00 − 1,20) ÷ 2,00 = 40,0 % et l'écart médian est également de 40,0 %. Pour l'ensemble des salariés, l'écart moyen est de (1,50 − 0,60) ÷ 1,50 = 60,0 % et l'écart médian de (1,75 − 0,50) ÷ 1,75 = 71,4 %.
Les écarts calculés sur l'ensemble des salariés sont plus élevés parce que les femmes sont moins nombreuses que les hommes à percevoir une prime. Indiquer la proportion de bénéficiaires d'une rémunération variable, ici 50 % des femmes contre 75 % des hommes, rend cette explication visible.
Ce qu'il faut examiner
- Écart d'accès. Si moins de femmes perçoivent une rémunération variable, examinez les règles d'éligibilité, la répartition des postes et la manière dont les objectifs sont fixés.
- Écart de montant. Si les bénéficiaires sont aussi nombreux mais que les primes des femmes sont plus faibles, examinez la fixation des objectifs, le calibrage des évaluations de performance et le prorata du temps partiel.
- Effet structurel. La rémunération variable se concentre sur les postes seniors et commerciaux. Comparez avec vos quartiles de rémunération pour savoir si l'écart s'explique par l'ancienneté.
Rappelez-vous que les composantes variables entrent aussi dans votre écart de rémunération global et dans vos écarts par catégorie, qui déterminent votre exposition au regard du seuil de 5 %.
Questions fréquentes
Quels versements constituent de la rémunération variable ?
Tout ce qui est versé en plus du salaire ordinaire de base et qui varie, comme les primes, les commissions, l'intéressement et la rémunération à la performance, ainsi que les avantages en nature que le droit national considère comme de la rémunération. Associez vos codes de paie une seule fois et documentez cette correspondance.
Faut-il compter pour zéro les salariés qui n'ont pas eu de prime ?
Cela dépend de la convention retenue par votre droit national. Compter les zéros reflète à la fois qui perçoit une prime et son montant, alors que le calcul sur les bénéficiaires seuls isole le montant. Indiquer la proportion de femmes et d'hommes percevant une rémunération variable à côté de l'un ou l'autre chiffre permet de garder une vue complète.
Comment convertir une prime annuelle en rémunération horaire ?
Divisez le montant annuel par les heures rémunérées de la personne sur la période de référence, en utilisant les mêmes heures que pour le calcul de la rémunération horaire de base.